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J'arrivai à l'heure, le ministre m'accueillit en personne, et me fit passer au salon où, après m'avoir exprimé une nouvelle fois sa gratitude, il m'entretint de choses vides de sens. Heureusement, Tna était dans la pièce. Je pouvais ainsi ne pas écouter un traître mot du paternel et concentrer toute mon attention sur un véritable sujet d'intérêt.

Le repas me parut gastronomique, même pour Trahjan. Je mangeai avec appétit jusqu'à ce qu'une phrase du ministre vînt finalement me distraire.

- J'espère que vous me pardonnerez, disait‑il, mais lorsque Yéhead m'a dit qu'il vous avait chargé de ramener ma fille, je n'ai pu m'empêcher de faire mener une petite enquête sur vous.

- Sur moi? fis‑je, incrédule.

- Sur vous, confirma‑t‑il en me décochant un sourire qui me rendit mal à l'aise. Et j'ai découvert, monsieur Strade, que vous n'aviez pas payé vos impôts depuis que vous séjourniez sur Trahjan.

Voilà un détail que j'avais négligé toute ma vie, me disant que l’Agence me couvrirait en cas de pépin. Je grimaçai, ne sachant trop que faire d'autre.

- Je me suis donc permis de faire évaluer par mes services la somme que vous nous devez.

Il me remit un formulaire électronique dûment rempli, que je saisis de mauvaise grâce. J'hésitai avant de baisser les yeux sur le document. Avec raison, dois‑je ajouter, car, en apercevant le montant auréolé de rouge qui scintillait avec impertinence, je me sentis mal. Soudain, tout le repas déjà avalé voulut remonter. D'un effort de volonté, je le maintins à sa place, mais je ne pus retenir un cri de frustration.

- Mais vous voulez me saigner à blanc!

Le ministre se contenta de me décocher à nouveau un sourire vorace en me tapotant gentiment la main.

 

FIN